Une
enfance en Gascogne
“
En écoutant Johnnhy chanter Le Pénitencier, j’observais les hommes
s’affairer autour de la batteuse ; il faisait chaud, l’été battait
son plein, c’était pour moi le temps de l’insouciance… ”
C’est toute la vie d’un terroir dans les années soixante, vue par une
fillette de dix ans.
Le récit se déroule au fil des saisons d’une année charnière au cours de
laquelle cette société rurale voit arriver des bouleversements incontournables :
la fin de la batteuse, le tracteur, l’eau courante ; le pas franchi vers
la modernité entraînera de profondes modifications dans l’organisation
sociale, portant un coup à l’entraide séculaire, particulièrement vivante
en Gascogne.
Il était temps de se
souvenir et de transmettre les richesses de ce pays avant qu'il ne soit trop
tard et que l’érosion du temps n’en efface les traces à jamais. C’est
l’évocation d’un monde qui, malgré les tâches exténuantes et les
difficultés, savait garder la bonne humeur, et
où la convivialité et l’aide au prochain aidaient à vivre.
On y découvre le tempérament gascon, à travers des
personnages insolites, à la fois modestes et hors du commun et des anecdotes
truculentes. C’est du vécu, de l’authentique qui provient directement du
fond de nos campagnes gersoises.
Les moissons, les vendanges, la fête du cochon étaient autant d’occasions de
se réunir, de plaisanter, de manger et de boire plus que de raison, et d’être
simplement heureux.
Il fallait rendre hommage à ces personnages qui occupaient la scène
quotidienne, paysans qui reproduisaient des gestes venus de la nuit des temps,
bouilleur de cru entraînant de village en village l’univers magique de son
alambic.
A travers eux, c’est une mémoire collective qui survit, une terre qui parle.
Elle nous raconte des traditions qui ont vécu pendant des siècles et qui sont
venues mourir dans les années soixante.
Ce sont les « aguilhounès » qui frappaient à la porte avant Noël
pour recueillir des dons servant à confectionner le pain à l’anis distribué
à la messe de minuit.
Ce sont les « charivaris », concerts de casseroles et autres
instruments insolites organisés à l’occasion du remariage d’un veuf.
Ce sont aussi des légendes telle que la « camo cruso » ou « jambe
crue », monstre gascon assoiffé de sang, qui faisait peur aux enfants.
C’est pour l’auteur le souvenir d’une enfance
heureuse, d’une sorte d’âge d’or et avant tout d’un cri d’amour pour
le terroir natal !
“ Quand on a vécu une enfance en Gascogne,
magique, insouciante, on a envie de la garder toujours comme un soleil dans un
coin de sa tête. Elle vous donne la force des racines, solide, réconfortante… ”
Quelques
extraits :
Dès
les premières gerbes, je vis Buffalo, du bout de la gerbière, envoyer un objet
sur ceux du bas ; aussitôt des « macarel », des « hildeputo »
et autres « millodiou » fusèrent comme des feux d’artifice. Ils
avaient reçu des œufs couvés !…
Novembre
était bien amorcé ; mon grand-père attela ses vaches pour une dernière
fois ce matin-là, avec beaucoup de nostalgie ; il passa et repassa les
lanières de cuir autour du joug et des cornes, comme il l’avait fait des
milliers de fois ; nous attentions le tracteur que mon père avait commandé…
Lorsqu’une
femme avait un amant et que l’affaire parvenait aux oreilles des villageois,
parfois des hommes plaçaient dans la nuit une rangée de graines de haricots
entre la maison de l’amant et celle de la dame. Ainsi, au petit matin, le mari
avait une surprise sur le palier et une double information : il savait que
son épouse était infidèle et, en suivant les petits indicateurs, il pouvait découvrir
l’identité de l’individu…
201 pages.18,15 € (119 F) franco de port. 26
illustrations au trait. Chez l’auteur : ZA les Grandes Terres n° 8 -
13810 Eygalières.
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