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La
variété française sur le divan La
face cachée des chansons à succès Alexandra
Deprez
Qui ne s’est pas déjà reconnu dans les paroles d’une chanson ? Nous
avons tous fait cette expérience étrange d’être en résonance avec une
chanson ou d’avoir l’impression que c’est notre vie qui est mise en
musique. –
celui de l’inconscient avec « Padam-Padam » d’Edith Piaf, Sous le regard d’Alexandra Deprez
ces chansons relatant des histoires de vie prennent un autre sens. Un ouvrage
original et enrichissant. L’intérêt
du livre : D’une
certaine façon, toutes les chansons analysées parlent de nos relations aux
autres. L’auteur fait de ces tubes des vecteurs riches de réflexion marqués
par le décalage entre l’illusion et la réalité. Un
ouvrage incontestablement novateur par son concept et son approche. Extrait
du livre : ©
Derrière les mots Editions Thème : une femme a un air en tête et s'aperçoit petit à petit que la
chanson lui rappelle des souvenirs. Hypothèse : Quand l'inconscient doit ressurgir, il trouve une astuce pour parvenir
à la conscience. L'inconscient,
cet inconnu qui nous connaît mieux que nous-mêmes, envoie des messages. «
cet air qui m’obsède jour et nuit Les
phénomènes inconscients forts sont porteurs d’un contenu, d’un sens qui nécessite
d’être pris en compte. Quand ce n'est pas le cas, ils finissent par
s’exprimer de manière quasi obsessionnelle (par exemple, les actes rituels,
chez les personnes atteintes de troubles obsessionnels compulsifs.) La
caractéristique obsessionnelle de cet air récurrent à l’esprit est
d’ailleurs clairement exprimée : «
un jour cet air me rendra folle »
En réalité, cet air obsédant est un
signe issu de l’inconscient. Il possède une signification attachée à
l’histoire personnelle de la personne qui s’exprime : «
cent fois j’ai voulu dire pourquoi
« Dire pourquoi » c’est
entrer dans les justifications et les explications mentales, conscientes, et
contrôlées. Si
l’inconscient a réellement besoin d’être entendu, il tentera de
court-circuiter ce processus qui l’empêche de s’exprimer car ce qui est
refoulé ne passera pas la censure du Moi. L’inconscient est obligé de
trouver un moyen de s’exprimer autrement que de manière directe. Il le fera
donc grâce à cet air qui renvoie à autre chose, qui sert d’indice à qui
veut comprendre. Cet autre chose doit être suffisamment éloigné du contenu réel
de ce qui est refoulé pour pouvoir passer la censure et s’imposer à
l’esprit, avant même que les justifications créées par le Moi pour
renforcer la censure se mettent en place. Expulsez l’inconscient par la porte
et déjà il s’immisce par la fenêtre. Cet
air revient dans la mémoire et il émerge. Il est forcément lié à un
sentiment refoulé et sert de référence à un souvenir qui vient s’exprimer. «
il me fait le coup du souviens-toi »
De façon inconsciente, cet air est
associé à quelque chose, un souvenir, une émotion que le conscient préférerait
continuer d’ignorer mais qu’il faut cependant prendre en compte. C'est un
peu comme un témoin gênant que l’on serait condamné à emmener partout : «
un air qui me montre du doigt
Ce n’est pas elle qui sait
l’air par cœur, c’est l’air qui sait tout par cœur sur elle, comme
l’inconscient. Comme
cet inconscient sait s’exprimer judicieusement et montrer que même si l’on
veut ignorer les blessures, les émotions refoulées, elles n’en existent pas
moins, puisque l’inconscient se charge de les relier à autre chose, par
exemple à cette chanson, pour prendre un sens, et être dites. Même tues, ces
émotions continuent à générer des effets détournés, à faire dépenser de
l’énergie pour continuer à ignorer, à refouler, à lutter contre le dérangeant. Les
émotions ont besoin d’être prises en compte : c’est ce que veut signifier
l’inconscient à travers ce message obsessionnel, leitmotiv renvoyant au passé. D’ailleurs,
petit à petit, celle qui s’exprime ici se rend compte que cet air la renvoie
à son histoire, à ses déceptions, aux émotions qu’elle a refoulées. «
Il dit : rappelle-toi tes amours «
écoutez le chahut qu’il me fait Simplement
les reconnaître, les prendre en charge consciemment afin qu’elles n’aient
plus d’effets induits. Simplement permettre à la conscience, au Moi, de
refaire une organisation des défenses, pour qu’elles soient plus efficaces.
Ainsi, on économise l’énergie du refoulement de ces émotions douloureuses,
grâce à d’autres moyens. Finalement,
lorsque l’inconscient, par des actes incongrus, s’exprime de manière aussi
marquée, c’est que ce qui est refoulé à la faveur d’événements de la
vie prend vigueur, et cherche de plus en plus à revenir à la conscience.
C’est aussi un signe que le refoulement est inopérant, du moins en partie,
sinon comment expliquer cette émergence ? Bien
sûr, la censure du Moi veille et pour que l’inconscient puisse s’exprimer,
il est obligé de « déguiser l’information ». Dans
cette chanson, l’air renvoie aux souvenirs amoureux du passé et ces souvenirs
renvoient eux-mêmes, par association d’idées et d’émotions, au contenu de
ce qui est refoulé. Chassez
l’émotion, elle revient au galop… l’air de rien. Sarah Garau Nombre
de pages : 212. Format : 14,4 x 2 cm. ISBN : 295998250-9. Points
de vente : France : Librairies, FNAC, VIRGIN, librairie en
ligne. Luxembourg : Messageries du livre. Derrière
les Mots Editions 51, rue Albert 1er - 1117 Luxembourg. |
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