Libérer
Toulouse
Fragilisé
par la polio, nul n'attendait Louis dans un rôle héroïque. Gratuitement voué
au martyre parles nazis, le tout jeune Louis leur fausse compagnie! Après ce
pied de nez à la mort, s'ensuivent la fuite et l'entrée en résistance où ses
talents de photographe amateur, son intuition, une intelligence vive, et son
sens de l'initiative, lui assignent un rôle important dans le renseignement.
Tant par tempérament que pour avoir mesuré la brutalité de l'assaillant,
Louis répugne à la violence.
A la libération il se distingue par de judicieuses initiatives. Ses compétences
et son sens de la mesure lui valent d'être appelé et intégré à l'État-major
Départemental, puis à l'État-major Régional.
Un synopsis
Ce livre devrait faire l'objet d'un film.
Tous les lieux y sont présentés avec une extrême exactitude - Marcorignan
-Narbonne -Toulouse, ils reparaissent en alternance.
Le vélo et l'apprentissage de la conduite automobile jouent le rôle de fil
conducteur. Chaque chapitre constitue l'unité d'une séquence, presque toutes
d'égale longueur.
Outre le mouvement, la couleur, les
bruits caractéristiques donneraient le relief. La notion du temps (printemps
1943-mai 1945) s'exprime par des remarques judicieuses sur l'évolution des
saisons.
Une fresque
Cette période sombre, où
histoires nationale et personnelle se confondent, sert de toile de fond au récit.
La guerre lointaine pour les Méridionaux
persuadés d'avoir évité l'occupation se vit tout à coup au quotidien. Étonnement,
naïveté comme la réflexion de tante Juliette : "Ce ne sont pas des
êtres humains, ils ne peuvent pas rester chez nous". Louis dessine le
portrait du maréchal Pétain, dont la réussite lui cache le mythe insinué par
Vichy.
Puis la pression s'accentue,
obligation d'aller travailler aux blockhaus, menace de mort, perquisition,
rafle, etc. La réaction dans ce genre de situation est immédiate, et on
s'adapte.
Du coté allemand, la lassitude de la guerre se traduit par une certaine compréhension
(soldat Patané) ; soit par la peur, les "gestapistes" persuadés que
la Résistance toulousaine est très importante ; soit par l'acceptation de la défaite,
les occupants se rendent sans résister.
Moins liée à la guerre est la présentation
du quartier Bonnefoy.
On continue à vivre ; tout le
monde se parle et se connaît. Règne à Toulouse une grande chaleur humaine
caractéristique d'une ville du Midi, à cette époque.
La vie militaire occupe la dernière partie de l'ouvrage avec ses vicissitudes,
ses incompréhensions, ses stupidités aussi...
À la fois dans et hors l'événement de la visite du général de Gaulle, à
Toulouse, Louis frôle l'Histoire par sa photographie.
A l'angoisse de longs moments pathétiques s'oppose la légèreté de la
vengeance et de l'épuration (je lui administre une magistrale gifle) mais aussi
le geste généreux et discret (j'enlève le panneau dans son dos).
C'est peut être le meilleur passage
par "le non-dit" pudique.
La pauvre loque est de Canet, Louisette doit la connaître. Mais elle n'est pas
Louisette et dans sa satisfaction Louis atténue l'humiliation de la tondue.
Les grandes étapes de l'enfance
Louis grandit au sein d'une famille
unie et chaleureuse.
En fils affectueux, il a ressuscité
la jovialité de Paul et le sourire de Margueritte. L'amour pour leur fils chèrement
gagné (poliomyélite de Louis, son départ avant la libération, la crainte de
sa mort après la rafle de Narbonne) leur avait rendu le bonheur de vivre.
De sa petite enfance, trois
souvenirs égaux pour l'enfant : la maladie et la guérison miraculeuse, la
recherche de la vérité (le Père Noël), la mort du chien "Jipou".
La découverte des
aptitudes
A la sortie houleuse du
collège Victor Hugo succède l'affirmation de la personnalité à l'École
Pratique de Narbonne. On sent Louis heureux de progresser, de sauter les étapes
mais il est déjà très organisateur et commerçant (vente de photos aux
camarades).
L'adolescent devient
adulte
Brusquement, inattendue
la perspective d'une mort proche. Le tout si rapide qu'une part d'inconscience
demeure.
Puis c'est l'entrée dans la Résistance
par paliers avec un frère aîné, aussi frère d'armes, Cyrille. Elle commence
comme un jeu, malgré quelques passages tragiques, on peut planquer les armes,
l'appareil de photos et on rit...
La libération arrive, les
tribulations sont rocambolesques dans Toulouse, et comme l'issue est toujours
heureuse, on continue sur la lancée...
Mais, soudain, trois morts
symboliques
L'innocence est châtiée
(les adolescents au drapeau tricolore sont abattus). La guerre supprime les
sources de vie - l'eau et l'enfant à naître.
Une jeune femme enceinte est tuée
en venant à la fontaine.
Cyrille raconte pathétiquement le
martyre du " frère des minimes".
Le monde dual de Louis s'affine, il se
divise seulement en deux parties, dans toutes les couches de la société, il y
a les bons et les démons.
Un retour à la vie
normale
Loin de
l'enthousiasme de la Libération,
la ferveur est retombée.
Louis n'a pas encore 20 ans, il veut vivre libre.
Il veut retrouver ses parents, Louisette...
et son pays narbonnais...
La vie l'attend ailleurs...
"LIBÉRER
TOULOUSE"
Lecture
coup de cœur à lire sans tarder
Dans son récit, Louis distille les
mots avec justesse et parcimonie, le cœur bat fort, les silences se placent
d'eux-mêmes, çà, là, nous rendant sanglots et déchirures de vies anéanties...
La mémoire ne saurait tourner la
dernière page de son témoignage, par vigilance, puisqu'il semble qu'on n'en
ait jamais fini de défendre l'idéal et la nécessité que nous partageons : LA
LIBERTÉ.
Édition originale.
248 pages. 21 x 29,7. Prix public ttc. 26 €. Pour recevoir "Libérer
Toulouse" par la Poste, envoyer un chèque de 29 € à Louis Taudou 8,
avenue La Promenade -11200 Canet d'Aude. Conditions spéciales aux Écoles, MJC,
Associations. Bibliothèques, Librairies. Louis Taudou - Auteur-éditeur - Tél.
et Télécopie : 04 68 43 81 46.
www.culture-francophone.com
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